mardi 23 juin 2009

Une école à la Ferme


En février dernier, Sandrine Bourdon, enseignante à l’école maternelle Paul Bert, se rendait avec ses 24 élèves à la ferme pédagogique. L’aboutissement de tout un projet élaboré et mené en partenariat.

Vous avez conduit un projet avec votre classe à la ferme pédagogique. Quels objectifs poursuiviez-vous alors ?

J’avais la volonté d’explorer avec ma classe un certain nombre de thèmes : le rapport au vivant, l’autonomie, la socialisation, le soin aux animaux, mais également des notions de technologie (comme la cuisine), d’environnement (comme le respect de la nature et de l’eau) ou encore des notions mathématiques comme le rapport au temps… Autant de domaines qu’il me semblait plus pertinent d’aborder in situ, plutôt qu’en classe dans un livre. J’ai donc formalisé par écrit un projet que j’ai ensuite soumis à l’équipe de la ferme. Il s’intégrait dans notre « projet général de classe » dont le but est de rendre l’enfant autonome et heureux de venir à l’école.


Quelle aide l’équipe de la ferme vous a‑t‑elle fournie ?

Elle offre avant tout un espace, du matériel et éventuellement le concours de bénévoles pour les activités très spécifiques comme l’apiculture ou la cuisine. Ils tiennent à ce que les enseignants soient autonomes dans la réalisation de leur projet. Ces derniers ont parfois un peu de mal à le concevoir et beaucoup attendent, à tort, une prestation clé en mains. J’ai moi aussi été un peu perdue au début, ne sachant pas trop ce qu’on attendait de moi, jusqu’où je pouvais compter sur eux… Mais j’avais la chance de connaître le lieu et l’équipe avant, ce qui nous a permis de construire ensemble le projet petit à petit. C’est une opportunité que n’ont pas eu tous les enseignants, ce qui explique que quelques incompréhensions subsistent pour l’élaboration des projets.


En quoi l’animal et le végétal peuvent-ils être des supports éducatifs intéressants ? Il existe un fort potentiel affectif lié à l’animal. Il permet d’explorer avec des enfants des notions comme la vie et la mort, plus faciles à aborder par le biais des plantes ou des animaux. C’est aussi un bon support pour étudier la notion du temps qui passe : les enfants comprennent ainsi que la vie ne naît pas en quelques jours, qu’il faut être patient, attentif et savoir observer.

Accompagnés de parents, vous y avez passé 3 demi-journées. Quelles ont été vos activités ?
Notre première visite était consacrée à la découverte du site. Nous avions organisé une course d’orientation où, munis d’un plan, les enfants ont dû repérer le «lapindrome», l’écurie, le poulailler… Aidés de deux bénévoles, nous avons ensuite fait des pizzas et de la pâte à pain, avant de déjeuner sur place. La seconde séance était consacrée aux poussins et a dépassé toutes mes espérances ! L’équipe de la ferme avaient, au préalable, mis en couveuse des œufs, 21 jours avant notre venue. Les enfants ont donc pu assister à l’éclosion d’une partie d’entre eux. C’était magique. Enfin, la dernière séance était placée sous le thème de l’environnement : découverte du monde de l’apiculture avec les bénévoles de Miel ô pays ; recherche de vers de terre ; fonctionnement de la nouvelle éolienne…

Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ?

Pour moi, il est plus que positif. Les enfants étaient émerveillés et excités. La plupart d’entre eux habitent le quartier, qui est placé en zone d’éducation prioritaire : ils n’ont pas beaucoup d’occasion de sortir. Leur connaissance des animaux était quasi-inexistante. Ils ont appris et vu beaucoup de choses qui leur étaient inconnues. Cela restera gravé dans leur mémoire. Après notre visite, nous avons pu ramener une partie des œufs dans la classe (la ferme nous avait prêté l’équipement nécessaire). Cela a vraiment créé l’événement. Ils prennent maintenant soin des nouveaux poussins. Prendre part à ce moment vaut 1000 cours magistraux sur le sujet. Aujourd’hui, si on leur pose des questions, ils peuvent parfaitement expliquer comment ça se passe. C’est une expérience forte que je compte réitérer dans les années à venir avec d’autres classes. C’est un projet qui a considérablement soudé le groupe autour d’une expérience collective

Propos recueillis par Cécile Pastier

1 commentaire:

Soin aux animaux a dit…

Extra, très bonne initiative !
Bonne continuation